Albert Asséraf est le Directeur Général Stratégie, Data et Nouveaux usages chez JCDecaux, inventeur du concept de mobilier urbain. Leurs engagements : un travail au quotidien avec les acteurs de la création pour rendre la ville plus participative, plus durable, plus intuitive et audacieuse. Ou comment apporter de l’esthétique et du confort dans l’espace public, notre espace commun.

GRAPHIC DESIGN FESTIVAL PARIS

C’est un message fort pour la création et la discipline du design graphique, que souhaitez-vous apportez à travers ce dispositif ? Pour les acteurs de la création, mais aussi pour les usagers qui ne s’attendent pas forcément à voir ce genre d’opérations... ? 

ALBERT ASSÉRAF

JCDecaux a toujours envisagé ses métiers autour de la fourniture de services urbains, pour rendre la ville plus confortable, plus agréable, plus simple... C'est ainsi que nous avons développé nos gammes de mobiliers à travers le monde, des abribus aux vélos en libre-service ou encore des colonnes Morris aux kiosques à journaux. Nous travaillons également depuis plusieurs décennies avec de très nombreux designers dans le monde pour apporter de l'esthétique sur l'espace public qui est notre espace commun. 
 
Il est donc tout à fait naturel pour une entreprise comme la nôtre de porter également la création en ville afin d'en faire bénéficier le plus grand nombre. Déployer une exposition à ciel ouvert est une idée tout aussi enthousiasmante que noble car elle procède d'un accès à l'art pour tous et gratuitement. 

GDFP

Vous êtes le partenaire fondateur du Graphic Design Festival Paris, quel message souhaitez-vous adresser aux designers graphiques, graphistes, Illustrateurs, directeurs artistiques ? et plus généralement aux entreprises - annonceurs habituels de votre réseau publicitaire ?

AA

La publicité sous forme d'affiches fait partie de notre imaginaire collectif car il s'agit d'un media ancien qui a toujours eu sa place dans la ville et les espaces de mobilité. Nous avons tous en mémoire des campagnes qui nous ont marquées, qu'elles soient drôles, émotionnelles, poétiques...
 
Il est vrai qu'au sein de la création, la photographie a pris une dimension majeure mais nous avons la conviction que la création graphique a toute sa place. Il suffit pour cela d'observer de très belles campagnes récentes comme Guerlain ou Monoprix par exemple pour illustrer la qualité de ces réalisations. 

GDFP

L’exposition des affiches de la commande eu, cette année, un rayonnement international cf. le dispositif d’affichage sur des mobiliers urbains à Paris-Londres-New-York. Existe-t-il une volonté de votre part d’étendre ce dispositif à d’autres villes dans le monde pour la prochaine édition de l’événement ?

AA

C'est toute la force de l'art que de dépasser les frontières, les langues, les cultures... pour s'adresser à chacun d'entre nous. C'est la raison pour laquelle nous avons toujours voulu étendre cet engagement au delà de la France. Nous sommes donc ravis, grâce en particulier aux écrans digitaux que nous avons déployés sur les abribus de Londres et New-York, d'avoir pu "exporter" cette magnifique exposition au coeur de ces deux grandes capitales mondiales. Le résultat était absolument remarquable tant les créations embellissaient, de jour comme de nuit, les espaces publics. 

Déployer une exposition à ciel ouvert est une idée tout aussi enthousiasmante que noble car elle procède d'un accès à l'art pour tous et gratuitement. 
GDFP

Comment JCDecaux participe à rendre la ville plus créative et le quotidien des citoyens plus agréable ? Quelles sont les attentes actuelles des citoyens en termes de mobilité dans la ville et de services urbains ?

AA

Tous nos mobiliers urbains sans exception rendent un service utile pour les citoyens. Nos concepts ont d'ailleurs fait le tour du monde et nous sommes désormais dans plus de 75 pays et plus de 4000 villes. Les attentes des citoyens s'orientent beaucoup autour d'une ville plus accessible, plus participative, plus durable et où la technologie est un facilitateur pour toutes ces dimensions. Les études régulières que nous menons pour parfaitement comprendre ces attentes nous permettent de travailler sur des produits et services sans cesse améliorés comme l'abribus intelligent et connecté, le vélo en libre-service à assistance électrique ou encore le kiosque du futur que l'on découvrira très prochainement dans les rues de Paris. Mais nous développons également des offres d’écrans digitaux d'informations ou de services, des offres de wifi gratuit ou des technologies de connectivité permettant d'améliorer la qualité des réseaux de télécommunication. 

Pour la créativité en ville, nous y menons de nombreuses opérations événementielles qui permettent aux gens de participer, de jouer, de créer, de faire du sport... Bref, tout ce qui peut contribuer à rendre la ville plus collaborative. 

GDFP

Au quotidien, vous collaborez énormément avec des designers et architectes pour concevoir et imaginer vos offres. Comment interviennent –ils ? Quels sont leurs rôles ? Pouvez-vous nous donner des exemples ?  Comment imaginez-vous que le Design Graphique puisse aussi intervenir dans le champ de vos développements de mobilier ?

AA

Le rôle des designers est essentiel à nos côtés car ils nous permettent de sublimer les concepts que nous imaginons. Il s'agit d'une mission qui est d'autant plus essentielle que ces objets vont généralement rester entre 15 et 20 ans en moyenne sur l'espace public. Ils doivent également être beaux tout en s'intégrant dans tous les quartiers d'une ville, avec une répétition significative. Ainsi, à Paris par exemple, il y a 2000 abribus et le design de Marc Aurel est remarquable en cela qu'il fait une forme d'unanimité tout en étant très audacieux. 
 
Nous travaillons avec plus d'une centaine de designers dans le monde, de toutes les nationalités et de toutes les origines (architecture, design d'intérieur, objets et accessoires...). Cela nous donne une grande richesse en termes de créativité. 

Photo : Abribus Escale Numérique – Mathieu Lehanneur

Share

KEEP IN TOUCH

the terms and condition